"Education et télévision : les liaisons dangereuses"

Publié le par Deirdre

C'est le titre du dossier d'actualité n°36 de juin dernier du Service de Veille Scientifique et Technique (VST) de l'INRP. Il est disponible en version html ou pdf.

En plus d'une bibliographie complète, ce dossier traite 4 aspects de notre rapport à la télévision : le contexte familial, les expériences cognitives, les troubles du comportement, l'économie de marché. Je ne vais pas faire ici un résumé, mais souligner quelques chiffres ou quelques faits qui m'ont marqués plus particulièrement.

- Contexte familial : elle est renommée "le troisième parent" par le philosophe Dany-Robert Dufour, qui dénonce "l'inondation de l'espace familial par ce robinet constamment ouvert, d'où coule un flux ininterrompu d'images". Le plus alarmant est l'impact de la télé sur le développement de l'enfant, et sur ses résultats scolaires. Les parents ont bien évidemment un rôle à jouer dans la maîtrise de cet outil : mais parmi les comportements observés, ce qui m'a sidéré c'est que les parents mettent leur enfant dès 3 mois devant la télé (l'âge médian d'exposition étant de 9 mois, ce qui reste jeune quand on sait que c'est vraiment à partir de 2 ans qu'il est intéressant d'y exposer les enfants).

- Expériences cognitives : en effet, pour Serge Tisseron ce n'est qu'à partir de 2 ans et demi que les enfants reconnaissent et comprennent ce qu'ils voient, pour ne distinguer le réel du fictif que 1 à 2 ans plus tard. Concernant la télévision éducative, 3 types de recherches s'intéressent aux processus d'apprentissage : fondamentale (télévision comme objet du quotidien ayant un impact sur les apprentissages de base), formative (intérêt pour le contenu du programme éducatif), sommative (efficacité, effet des émissions). Sans oublier l'éducation aux médias (CLEMI) !

- Troubles du comportement : Serge Tisseron (encore lui!) diffrencie deux sortes de violences liées à la télévision : les images violences et la violence des images. d'après une étude récente, quand un enfant regarde la télévision en moyenne plus de 3 heures par jour depuis ses 2 ans, il a 2 fois plus de risques à 14 ans d'être en échec scolaire, en comparaison avec un élève qui la regarde moins d'1 heure. Assez effrayant, je dois dire.

- Economie de marché : les publicités jouent sur la perméabilité et la sensibilité des jeunes pour leur insuffler un vent de liberté et briser la relation parent-enfant en jouant sur l'image d'une mère-copine, par exemple. Le consommateur, la cible marketing qu'est l'enfant aura alors l'envie de satisfaire ses besoins immédiats, cédant à la pression publicitaire.

Bon, plus ça va, plus ça raccourcit alors je vais aller dormir pour mieux reprendre demain d'autres billets un peu moins longs et plus attrayants parce qu'après tout, c'est l'été même si le temps n'est pas de la partie !
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Publié dans Lectures

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